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Le marketing par e-mail génère en moyenne 36 $ pour chaque dollar investi, un ROI qu’aucun autre canal digital n’approche. Pourtant, la plupart des marques e-commerce laissent passer la majeure partie de cet argent, non pas parce que l’e-mail ne fonctionne pas, mais parce qu’elles l’utilisent mal.

Après avoir travaillé avec plusieurs boutiques en ligne partout en Amérique du Nord, nous avons vu les mêmes erreurs se reproduire. Certaines sont invisibles de l’extérieur, et d’autres peuvent même ressembler à du bon marketing… sauf que les chiffres ne suivent pas. Un point commun? Toutes affectaient beaucoup plus le revenu de ces boutiques qu’elles ne le réalisaient au départ.

La liste a venir n’est pas vague, ni pour les débutants seulement. Elle contient les sept erreurs précises que nous voyons souvent nuire aux campagnes d’e-mail marketing en e-commerce, et les astuces pour les corriger et voir une réelle différence.

Erreur 1 : Envoyer des e-mails à des gens qui ne vous ont rien demandé

Acheter des listes ou ajouter des contacts sans consentement explicite, c’est la façon la plus sûre de tuer son programme d’e-mail dans l’oeuf.

Ça ressemble à un raccourci vers une plus grande audience, mais c’est tout le contraire. Les gens qui ne se sont jamais inscrits ne connaissent pas votre marque, ne s’attendent pas à vous lire, et vont marquer vos e-mails comme du spam. Quand suffisamment d’entre eux le font, Gmail et les autres fournisseurs commencent à se méfier de votre domaine. Et cette mauvaise réputation, une fois installée, affecte même la délivrabilité auprès de ceux qui se sont inscrits de leur plein gré.

Le correctif : Construisez votre liste uniquement via des canaux basés sur le consentement. Utilisez des formulaires d’inscription avec un échange de valeur clair : un rabais, un accès anticipé, ou du contenu vraiment utile. Faites de la publicité de génération de leads qui établit des attentes honnêtes sur ce que les abonnés recevront.

Erreur 2 : N’avoir aucun flux automatisé

Beaucoup de marques e-commerce traitent l’e-mail comme un simple canal de diffusion, un endroit pour envoyer des promos le mardi et des infolettres le vendredi. Le problème ? Cette approche passe complètement à côté des moments où les clients sont les plus enclins à acheter.

Les flux automatisés rejoignent les gens en fonction de leur comportement, pas d’un calendrier. Un e-mail de panier abandonné part quand quelqu’un laisse un produit en plan ; une séquence de bienvenue se déclenche dès l’inscription ; un flux de réactivation s’active quand un client devient silencieux pendant 90 jours. Dans chaque cas, l’e-mail arrive exactement quand le client vient de manifester une intention, ce qui explique pourquoi ces messages convertissent à des taux que les campagnes manuelles atteignent rarement.

Les flux de panier abandonné permettent de récupérer entre 10 et 15 % des ventes qui auraient autrement été perdues. Les séquences de bienvenue affichent systématiquement de meilleurs taux d’ouverture que n’importe quelle campagne promotionnelle. Quant aux flux post-achat, ils construisent l’habitude d’achat répété, ce facteur clé qui détermine si une marque grandit ou stagne.

Le correctif : Avant d’optimiser vos campagnes, mettez en place vos flux automatisés de base. Au minimum : une séquence de bienvenue (3 à 5 e-mails), un flux de panier abandonné (2 à 3 e-mails envoyés à 1 heure, 24 heures et 72 heures après l’abandon), un suivi post-achat, et une séquence de réactivation. Ces flux tournent en continu en arrière-plan et génèrent des revenus sans effort supplémentaire de votre part.

Erreur 3 : Ne pas suffisamment segmenter son audience

Envoyer le même e-mail à toute votre liste, c’est l’une des façons les plus rapides d’apprendre aux gens à vous ignorer.

Votre liste, c’est un mélange de clients fidèles, de gens abonnés depuis des mois sans jamais avoir acheté, de nouveaux acheteurs de la semaine dernière, et de contacts qui ouvrent chaque e-mail sans jamais cliquer. Ce ne sont pas les mêmes personnes, et un message qui parle à un client fidèle semblera décalé, voire agaçant, pour quelqu’un qui n’a pas encore franchi le pas.

Les données de Mailchimp sont sans appel. Par rapport aux envois, non segmentés, les campagnes bien segmentées génèrent :

  • 14,31 % de taux d’ouverture en plus
  • 100,95 % de taux de clics en plus
  • 9,37 % de désabonnements en moins

La raison est simple : quand les gens reçoivent du contenu qui correspond à leur relation avec votre marque, ils s’y intéressent.

Le correctif : Commencez par deux segments de base : clients et non-clients, puis abonnés actifs et inactifs. Ensuite, affinez avec la fréquence d’achat et la catégorie de produits.

Erreur 4 : Se laisser piéger par les rabais

C’est sans doute l’erreur la plus insidieuse de cette liste, parce qu’elle a tout l’air de fonctionner.

On lance une vente flash, les revenus grimpent, on présente de bons chiffres pour la semaine… et on recommence. À la longue, vous ne bâtissez pas une clientèle : vous formez un public qui attend votre prochaine vente avant d’acheter. Ils vous conditionnent autant que vous les conditionnez.

Un rabais de 10 % peut effacer jusqu’à 40 % de votre marge bénéficiaire, selon votre structure de coûts. À force de multiplier les promotions, vous construisez une marque qui ne peut vendre qu’en sacrifiant sa marge, et vos e-mails à prix plein finissent par tomber dans le vide.

Beaucoup d’agences recommandent des calendriers promotionnels chargés parce que les rabais produisent des pics mesurables qui font bonne figure dans les rapports hebdomadaires. Que ces pics érodent la valeur de la marque à long terme, ça n’apparaît que bien plus tard, et à ce moment-là, c’est devenu le problème de quelqu’un d’autre.

Le correctif : Déplacez votre proposition de valeur du prix vers l’expérience. Les offres avec cadeau à l’achat offrent souvent une valeur perçue plus élevée qu’un rabais équivalent, à moindre coût pour vous. Donner aux abonnés un accès en avant-première aux nouveaux produits leur donne l’impression d’être dans le cercle, plutôt que de chasser les bonnes affaires. Les incitatifs progressifs liés au montant de la commande (20 $ de rabais à partir de 150 $, par exemple) protègent votre panier moyen tout en poussant à l’action. Les marques qui auront encore des marges saines dans deux ans sont celles qui ont misé sur la valeur — pas sur le prochain coupon.

Erreur 5 : Les problèmes de délivrabilité qui passent inaperçus

Vous pouvez avoir la meilleure ligne d’objet du monde — si votre e-mail atterrit dans le dossier spam, personne ne le verra jamais.

Les problèmes de délivrabilité sont discrets par nature : les campagnes partent quand même, votre plateforme continue d’afficher des envois, mais les taux d’ouverture sont inexplicablement bas, les revenus générés par e-mail ont chuté depuis des mois, et personne dans l’équipe ne sait pourquoi. Le coupable est souvent l’authentification de domaine, cette couche technique que les fournisseurs utilisent pour décider s’ils font confiance à vos e-mails.

Trois enregistrements déterminent cette confiance :

  1. Le Sender Policy Framework (SPF) indique aux serveurs de messagerie quelles plateformes sont autorisées à envoyer en votre nom.
  2. Le Domain Keys Identified Mail (DKIM) ajoute une signature numérique qui prouve que le contenu n’a pas été modifié en transit.
  3. Le Domain-based Message Authentication, Reporting and Conformance (DMARC) indique aux serveurs quoi faire si un e-mail échoue à l’une de ces vérifications.

Des enregistrements manquants ou mal configurés signalent aux fournisseurs que vos e-mails ne sont pas authentifiés, et ces fournisseurs agissent en conséquence.

Le correctif : Vérifiez votre statut d’authentification avec un outil gratuit comme le guide DMARC de Postmark ou MXToolbox. Si des enregistrements sont manquants, votre plateforme d’e-mail (Klaviyo, Mailchimp, et autres) fournit les chaînes de texte exactes dont vous avez besoin (généralement dans la section Authentification de l’expéditeur de leurs paramètres).

Erreur 6 : Négliger l’expérience mobile

Plus de 60 % des ouvertures de courriels se font sur un appareil mobile. Par conséquent, un courriel pas conçu pour ça livre une expérience brisée à la majorité de votre audience.

Ces problèmes sont faciles à sous-estimer : un bouton d’appel à l’action trop petit pour être tapé facilement, des images qui chargent lentement et repoussent le texte sous la ligne de flottaison, une ligne d’objet coupée à 35 caractères parce que personne n’a vérifié l’aperçu mobile… chaque point de friction fait baisser les clics. Sur une liste à fort volume, ça représente des revenus perdus non négligeables.

Le correctif : Testez chaque e-mail sur mobile avant d’envoyer. La plupart des plateformes incluent un aperçu mobile intégré : utilisez-le. Gardez les lignes d’objet sous 40 caractères et optez pour des boutons larges et faciles à taper (minimum 44 x 44 pixels) pour chaque appel à l’action. Pensez aussi à compresser vos images pour éviter les temps de chargement trop longs. Ce sont pour la plupart des ajustements à faire une seule fois, qui améliorent les performances de chaque envoi par la suite.

Erreur 7 : Négliger la rétention post-achat

Acquérir un nouveau client coûte cinq fois plus cher que d’en fidéliser un. Pourtant, la plupart des stratégies d’e-mail e-commerce concentrent encore l’essentiel de leurs efforts sur l’acquisition.

Le premier achat marque le début d’une relation. Un client qui vient d’acheter chez vous est au sommet de sa satisfaction, et plus réceptif que jamais à vous entendre. Une séquence post-achat bien construite le remercie, l’aide à tirer le meilleur de son achat, lui présente des produits complémentaires et lui demande un avis. Bien exécutée, elle améliore la valeur vie client, génère de la preuve sociale, et crée le genre de relation qui produit du bouche-à-oreille… sans ligne budgétaire.

Dog Dish, une marque e-commerce Shopify que nous accompagnons, mise sur un modèle d’abonnement qui crée exactement ce type de relation récurrente. Les clients qui optent pour l’abonnement rachètent automatiquement, éliminant complètement la friction de la réacquisition. C’est l’exemple le plus abouti en matière de rétention, mais même un flux post-achat de base à trois e-mails fait bouger les chiffres.

Le correctif : Mettez en place une séquence post-achat d’au moins trois e-mails : une confirmation de livraison avec un message ancré dans la marque (pas seulement les informations de suivi), un suivi 5 à 7 jours après la livraison qui fait le point et présente des produits complémentaires, et une demande d’avis au jour 14. Ajoutez un flux de réactivation pour les clients qui n’ont pas racheté depuis 60 à 90 jours. Ces flux s’accumulent tranquillement au fil du temps, à mesure que votre clientèle grandit.

Par où commencer

Si vous êtes fondateur et que vous regardez cette liste en vous demandant quel feu éteindre en premier, la réponse est presque toujours la délivrabilité. Un domaine non authentifié, c’est chaque amélioration apportée à votre programme d’e-mail qui n’atteint qu’une fraction de son audience potentielle. Réglez les bases techniques d’abord, mettez en place les flux automatisés ensuite, puis affinez votre segmentation.

Le marketing par e-mail reste l’un des canaux les plus rentables pour le e-commerce, à condition d’être utilisé avec intention. L’écart de revenus entre les marques qui le traitent comme un outil de diffusion et celles qui en font un véritable canal de relation, c’est là que se joue la différence.

Que vous gériez une boutique Shopify à Montréal ou que vous vous développiez partout en Amérique du Nord, les fondamentaux restent les mêmes. Un bon programme d’e-mail n’envoie pas simplement plus : il rejoint les bonnes personnes au bon moment et bâtit des relations clients qui gardent leur valeur bien après la première vente.

Si vous souhaitez un deuxième regard sur votre configuration d’e-mail actuelle, notre équipe chez Casa Media offre des services d’email marketing complets, adaptés à vos objectifs d’affaires : segmentation de liste, flux automatisés, et gestion de campagnes bilingues en français et en anglais. On ne fait pas d’envois génériques. Contactez-nous pour discuter de ce qui est possible pour votre marque.

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